Basilique papale Saint-Paul-hors-les-Murs
La basilique fut fondée par l'empereur romain Constantin Ier sur le lieu de sépulture de saint Paul. On raconte qu'après l'exécution de l'apôtre, ses disciples érigèrent un mémorial, appelé cella memoriae. Cette première basilique fut consacrée par le pape Sylvestre en 324.[4]
En 386, l'empereur Théodose Ier entreprit la construction d'une basilique beaucoup plus grande et plus belle, dotée d'une nef et de quatre bas-côtés, avec un transept. Elle fut probablement consacrée vers 402 par le pape Innocent Ier. Les travaux, y compris les mosaïques, ne furent achevés que sous le pontificat de Léon Ier (440-461). Au Ve siècle, elle était plus grande que l'ancienne basilique Saint-Pierre. Le poète chrétien Prudence, qui la vit à l'époque de l'empereur Honorius (395-423), décrit les splendeurs du monument en quelques vers expressifs.
Sous Léon Ier, d'importants travaux de réparation furent entrepris suite à l'effondrement du toit dû à un incendie ou à la foudre. Le transept (c'est-à-dire la zone entourant le tombeau de Paul) fut notamment surélevé et un nouvel autel principal et un presbytère furent installés. C'était probablement la première fois qu'un autel était placé au-dessus du tombeau de saint Paul, qui resta intact, mais en grande partie souterrain compte tenu des nouveaux niveaux surélevés créés par Léon. Léon Ier fut également chargé de la réparation de l'arc de triomphe et de la restauration d'une fontaine dans la cour (atrium).
Sous le pape saint Grégoire le Grand (590-604), l'autel principal et le presbytère furent profondément modifiés. Le pavement du transept fut surélevé et un nouvel autel fut placé au-dessus de l'autel précédent érigé par Léon Ier, directement au-dessus du sarcophage de saint Paul.
À cette époque, deux monastères se trouvaient à proximité de la basilique : Saint-Aristus pour les hommes et Saint-Étienne pour les femmes. Les messes étaient célébrées par un corps ecclésiastique spécial institué par le pape Simplicius. Au fil du temps, les monastères et le clergé de la basilique déclinèrent ; le pape saint Grégoire II restaura les premiers et confia la garde de la basilique aux moines.
Situé à l'extérieur des murs d'Aurélien, la basilique fut endommagée au IXe siècle lors d'un raid sarrasin. Par conséquent, le pape Jean VIII (872-882) fortifia la basilique, le monastère et les habitations des paysans[5], formant ainsi la ville de Johannispolis (en italien : Giovannipoli), qui exista jusqu'en 1348, date à laquelle un tremblement de terre la détruisit totalement.
En 937, à l'arrivée de saint Eudes de Cluny à Rome, Albéric II de Spolète, patricien de Rome, confia le monastère et la basilique à sa congrégation, et Eudes en confia la direction à Baudouin du Mont-Cassin. Le pape Grégoire VII était abbé du monastère et, à son époque, Pantaléon, un riche marchand amalfitain résidant à Constantinople, offrit les portes de bronze de la basilique majeure, réalisées par des artistes constantinopolitains ; elles portent la prière de Pantaléon pour que les « portes de la vie » lui soient ouvertes.[6] Le pape Martin V la confia aux moines de la Congrégation du Mont-Cassin. Elle devint alors une abbaye nullius. La juridiction de l'abbé s'étendait sur les districts de Civitella San Paolo, Leprignano et Nazzano, qui formaient tous des paroisses.